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Ibanez SIX6DFM
Electric guitar
Guitare 01-12-2016
L'un des derniers rejetons de la série Iron Label d'Ibanez cherche à atteindre le même but que tous ses prédécesseurs : pouvoir se targuer d'être la guitare idéale pour jouer du métal.
door: Kevin van der Meijden

Un dicton anglais dit : "If it ain’t broke, don’t fix it" (NdT : "Tant que ce n'est pas cassé, inutile de le réparer !"). De toute évidence, il est d'application dans le cas qui nous occupe : la série Sabre d'Ibanez a été lancée en 1987, et 30 ans plus tard, elle n'a pratiquement pas changé, à cela près qu'à présent, le nom actuel s'est réduit à son initiale, le ' S'. Ce qui n'est absolument pas une évolution négative, il suffit de se référer à la popularité, toujours intacte, de ces modèles. Au contraire, ce 'S' est une sorte de garant des qualités particulières de ces guitares …

 

Elégante et solide

Les courbes du corps, tant sur la face supérieure que la face inférieure, ont pour conséquence que cette guitare se "colle" confortablement contre le corps du musicien et que le bras jouit d'une totale liberté pour jouer à toute vitesse. La table d'harmonie, en érable flammé présentant des nuances entre le gris et le noir, complétée par la touche en ébène noire et la tête inversée, confère à l'instrument un aspect à la fois élégant et solide, parfaitement adéquat dans une configuration orientée "métal". Et le filet blanc qui fait le tour de la tête et du manche, ainsi que les trois lignes parallèles qui font le tout du corps, parachèvent l'ensemble. L'absence de décorations, comme par exemple des incrustations dans la touche ou le nom du modèle sur la tête, est aussi une des caractéristiques de la série Iron Label : pas de gadgets, mais plutôt, tout ce qui est utile pour produire un son de grande qualité. A cela s'ajoute une confortable implantation des réglages : un bouton de volume, un sélecteur de micros, et un inverseur qui splitte les humbuckers. Tout est regroupé, de manière à pouvoir changer rapidement de sonorité.

 

Super-rapide

Ce son de très haute facture doit forcément quelque chose à la construction de l'instrument. A titre d'exemple, cette guitare possède un sustain d'une longueur surprenante pour un modèle S. En règle générale, les autres modèles S perdent en sustain en raison de la relative minceur de leur corps et de la présence du tremolo à double blocage, mais ce n'est pas le cas de cette SIX6DFM (1.055 euros). Cela est sans doute dû en partie au choix du type de manche, qui se compose de trois parties d'érable et de bubinga, en lieu et place des cinq parties habituelles sur les autres modèles S. Et sans doute aussi au recours à l'ébène pour la touche, au lieu de l'habituel palissandre. Voilà qui est parfait pour assurer des finales de solos de derrière les fagots !

Le manche, qualifié de 'Nitro Wizard', est super-rapide grâce à sa finition aussi brillante que soyeuse, ce qui vous permettra, en fin de spectacle ou après une longue session d'entraînement, d'éviter que le manche ne soit collant. Associé à la touche en ébène et fort de son profil mince, ce manche permet aux solistes chevronnés de donner le meilleur d'eux-mêmes.

Ces mêmes guitaristes auront également en haute estime les mouvements de 'whammy bar' particulièrement souples du chevalet de type Edge Zero II. Ce dernier produit encore moins de frictions que les autres systèmes similaires d'Ibanez, et il possède aussi un profil encore plus mince. Bref, tout est là pour optimiser le confort de jeu et la stabilité de l'accordage. Et cela est même encore renforcé par le sillet de tête bloquant et les mécaniques autobloquantes Gotoh MG-T, qui donneront de la stabilité à vos cordes malgré les "violences" qu'elles subissent.

Un inconvénient du tremolo Edge Zero II de cette guitare, c'est qu'il n'y a pas de "point zéro" afin d'adapter la tension des ressorts. Cette fonction permet de régler le chevalet en tournant le bouton du mécanisme. Sur l'Edge Zero II, on y arrive en inclinant le chevalet vers l'avant tandis que l'on adapte la hauteur grâce aux deux vis situées à l'arrière. C'est en procédant par essais et erreurs que l'on arrive à trouver la bonne hauteur. Si on préfère jouer dans une autre tonalité, il faudra donc prendre un peu de temps … Si un système de vibrato n'est pas une priorité, il existe également une option avec un chevalet fixe Gibraltar II.

 

Plus que du métal

Là où la SIX6DFM convainc vraiment, c'est au niveau du son : la collaboration entre DiMarzio et Ibanez pour concevoir les micros Fusion Edge est un "sans faute" ! Ce sont ces mêmes micros qui se retrouvent dans d'autres modèles de la série Iron Label, ainsi que dans la série RGD. Ces micros produisent de très jolis hauts-médiums, tandis que les graves restent toujours bien fermes, indépendamment du niveau de distorsion. La définition des notes ne "souffre" pas quand on joue en arpèges, les riffs "mutés" de la paume n'ont jamais un son cotonneux, et tirer sur deux cordes en même temps fait naître de bien jolies harmoniques. Les humbuckers réagissent à chaque subtilité de votre technique, et la dynamique de votre main droite est bien mise en évidence, ce qui procure un plaisir infini quand on joue un solo.

Grâce à la fonction de séparation des bobinages des micros, les variations sonores sont plus nombreuses que sur les modèles de la série RGD : cette possibilité fait "descendre" les micros à un niveau de gain moyen. Du coup, quand le sélecteur à trois positions se trouve en position manche ou chevalet, les sonorités sont comparables à celles d'une Stratocaster moderne et font penser au son de John Mayer. Quant à la position médiane, elle produit un son à la fois clair et "pesant". A noter que ce type de sonorités est en train de gagner en popularité dans des genres de métal à vocation plus progressive : des groupes tels que CHON, Animals As Leaders et Plini sont aux avant-postes de ce mouvement. En jouant conjointement sur le bouton de volume et le sélecteur de micros, il est donc possible, en deux secondes, de passer d'un son de Telecaster légèrement saturé à un son de métal bourré de distorsion. De ce fait, on peut affirmer que cette SIX6DFM est à même de faire "bien plus" que de se confiner au métal …

 

Conclusion

Les modèles de la série Iron Label produits par Ibanez sont des guitares "spartiates", faites pour jouer et non pour faire valoir leur esthétique. La SIX6DFM est un ajout de valeur à cette série : elle ravira le guitariste de métal polyvalent et intéressé par des styles plus progressifs.